Ana Axpe, artiste argentine d’origine basque établie à Genève depuis 1990 nous présente dans ses œuvres une certaine vue architecturale ; très critique cependant. SA travers son personnage fictionnel Adela Conti, apparu pour la première fois dans son travail en 1996, elle pastiche l’architecture outrancière de certains hauts lieux culturels.
Les bâtiments, construits pour attirer les plus grands chefs-d’œuvre, outrepassent souvent leur nature utilitaire au détriment de fonctions plus essentielles comme les conditions d’accrochages. Pour mettre en lumière ses critiques, Adela se costume et adapte ses tenues vestimentaires en fonction des courbes et des lignes des grands musées devant lesquelles elle pose. Pour elle, assortir ses vêtements aux formes de ces lieux prestigieux de l’art est un moyen de se les approprier.
Son travail sur ce thème est aujourd’hui plus que toujours d’actualité au vue de tous les projets pharaoniques et mégalomaniaques de musées et de fondations à travers le monde. Citons par exemple l’ouverture programmée de la fondation Louis Vuiton à Paris budgétée à 100 millions d’euros et confiée à Frank Gehry déjà auteur du musée Guggenheim de Bilbao.
Plusieurs prix et bourses ont déjà récompensés le travail d’Ana Axpe (trois fois lauréate du prix fédéral des Beaux-arts, l’atelier PSI de la confédération à New-York et en 2003 celui de Rome. Elle a également été mise en lumière lors d’une rétrospective sur son travail au Kunstmuseum de Soleure en 2002.